" C'est
ainsi que la grande loi d'orientation, que j'avais souhaitée
et qui était attendue très légitimement
par les professionnels de tous les secteurs d'activité,
n'a été présentée, sous
la forme d'un projet qui ne répond pas aux attentes,
que deux jours avant la fin de la session parlementaire,
sans aucune chance d'être adoptée, comme
si parler dispensait d'agir. L'importance du sujet méritait
plus de sérieux.
J'ai
quant à moi d'ores et déjà exprimé
un certain nombre d'engagements forts afin de rendre
à ces acteurs essentiels de notre dynamisme économique
et territorial la place qui est la leur, en levant les
entraves qui pèsent sur leur travail et en leur
accordant enfin la sécurité à laquelle
ils sont les seuls à ne pas avoir droit. Tout
cela nécessite de prendre en compte la spécificité
de leurs entreprises plutôt que de vouloir les
contraindre à se fondre dans des moules qui ne
correspondent pas à leur réalité.
Tout
d'abord, il convient de libérer les énergies
en allégeant la fiscalité, pour tous les
professionnels, quel que soit leur statut. Je veillerai
à ce que la fiscalité d'Etat pesant sur
les entreprises soit ramenée à la moyenne
européenne sur 5 ans, l'impôt sur les sociétés
allégé et la transmission des entreprises
facilitée. Mon engagement porte également
sur la fiscalité pesant sur la personne de l'entrepreneur.
Ainsi, l'impôt sur le revenu sera réduit
d'un tiers d'ici 2007. Cet effort sera engagé
dès 2002, puisque comme je m'y suis engagé
cet impôt sera réduit de 5% pour tous dès
cette année.
La
baisse des charges est nécessaire et doit être
réelle. Elle ne peut plus être la simple
contrepartie de coûts supplémentaires imposés
par de nouvelles réglementations, comme les 35
heures. Les charges sont en effet un frein à
l'emploi et leur baisse est créatrice d'emplois,
comme une récente étude de l'INSEE l'a
montré. Ainsi, celles décidées
entre 1993 et 1997 ont permis la création de
460.000 emplois. Ce chiffre est deux fois supérieur
à celui imputé aux 35 heures, pour un
coût financier 3 fois inférieur et, surtout,
sans contraintes ...
Ensuite,
la réduction du temps de travail n'a en effet
absolument pas tenu compte de la situation des artisans
et des petites entreprises en général
où la notion de gains de productivité
n'a pas beaucoup de sens et les absences et remplacements
de personnel rendues ingérables. Les 35 heures
seront donc assouplies par la voie du dialogue social
pour en limiter le coût, empêcher les injustices
et éviter de créer des obstacles à
l'activité. Je redonnerai, à chacun, la
liberté de pouvoir travailler plus s'il souhaite
gagner plus. "
suite