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A
58 ans, le PDG de la société de négoce
de bois Edgar Roth, a le coeur bien accroché.
Pour marquer le centenaire de l'entreprise, il est monté
en 1995 à 7000 mètres, au sommet de l'Aconcagua.
Pour lui, pour les siens et pour le bois.
16 décembre 1995
"A l'école, je détestais le sport.
Toutes les occasions étaient bonnes pour me faire dispenser".
Les choses ont bien changé depuis les bancs de
l'école. Entre temps, Bernard Roth est passé sous
les drapeaux, découvrant les joies du marathon.
La passion de la course ne l'a plus jamais quitté. "je
cours dès que je peux. 20 kilomètres.
42 kilomètres..."
Mais en entrant dans la société familiale
qu'a reprise son père Edgar, au lendemain de la seconde
guerre mondiale, Bernard Roth succombe à un autre
virus : le bois. Incurable, disent ses proches.
Aussi, quand vient le moment de célébrer
l'entrée de l'entreprise dans son deuxième centenaire,
au
début de l'année 1995, le chef d'entreprise
fait le pas déterminant qui le mènera vers son
vieux rêve : le toit du monde. Parvenu au sommet
de l'Aconcagua, son premier geste sera de se faire photographier,
épuisé mais heureux, brandissant un fanion
proclamant : "j'aime le bois".
Tenir
bon
"Dans
une conjoncture difficile, j'ai voulu me donner une leçon
de ténacité. Elle était aussi valable pour
toute ma société. C'est à
coup de volonté que nous trouvons de nouveaux débouchés
et de nouveaux clients", veut croire Bernard
Roth. Dans sa famille, ces mots ont un sens particulièrement
profond. Son grand-père Abraham et son oncle Paul
ne sont jamais revenus d'Auschwitz. Seul son père, Edgar,
a pu survivre et redonner vie à l'entreprise réduite
à néant par les allemands. Il est décédé
en 1981 : son fils
lui doit tout.

Comme
si la vie devait être vécue en sur-régime,
l'héritier de la quatrième génération
de négociants en bois cumule les responsabilités
et les initiatives. Juge consulaire au tribunal de commerce de
Strasbourg, trésorier du comité Alsace des
conseillers du commerce extérieur, trésorier national
de la fédération française du
bois, membre de la chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg
et du Bas-Rhin, membre du conseil de la Banque de France
de Strasbourg : Bernard Roth garde du temps
pour le bénévolat dans une association
caritative. Et pour sa femme et ses trois enfants.
Plan
de bataille
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"Notre
métier souffre de la crise générale,
notamment du bâtiment", soupire le
PDG d'Edgar Roth. Dans ce contexte, la défense
du bois contre les attaques virulentes des matériaux
de substitution comme le PVC et les dérivés
du pétrole est devenue le cheval de bataille de Bernard
Roth. "Le bois au moins est écologique",
lance-t-il. "Récoltable, renouvelable,
recyclable, et neutre en gaz carbonique, il arrive
en tête des éco-bilans énergétiques".
A écouter Bernard Roth, le bois devient surtout
le seul matériau de construction sain... Malgré
la crise, Bernard Roth croît aux cycles économiques,
même s'ils sont de plus en plus longs.
"Il y a un retour affectif vers le bois"
confie-t-il pour se convaincre. |
La
nature est exigente
Avec
19 salariés, la société "a
toujours été bénéficiaire"
explique Bernard Roth. Plus de 30% de son chiffre
d'affaire est consacré à l'export, essentiellement
vers l'union européenne. Son métier : produire
des stocks disponibles pour approvisionner les clients à
flux tendus. Ses clients : le bâtiment, la menuiserie,
le meuble, les moulures, les parquets ou les échelles.
"Ce n'est pas facile, la nature ne se laisse pas
faire", commente le PDG. Il fait donc appel au
bois français, mais importe également
d'Amérique du Nord et des pays tropicaux. Aux expéditions
du père à l'autre bout du monde, le
fils préfère encore le coup de fil et le fax,
tout aussi efficaces. Et celui qui a touché
le ciel à plus de 7000 mètres au-dessus de
la mer ajoute dans un sourire : "c'est peut-être
paradoxal, mais je déteste les voyages". |
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D'après le portrait de Jean-Baptiste de Fombelle
Dernières
Nouvelles d'Alsace n°290 - 16 décembre 1995
Avec l'aimable autorisation de Bernard
Roth
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